Tamatave : un mois après, des besoins toujours conséquents

Le cyclone tropical intense GEZANI a touché la côte Est de Madagascar dans la soirée du 10 février 2026, avec  des rafales de vents pouvant atteindre 250 km/h. Les évaluations initiales ont rapidement mis en évidence une ampleur exceptionnelle des dommages, environ 75% de Tamatave aurait subi des destructions sévères, avec des impacts majeurs sur les habitations, les infrastructures et les services essentiels. La catastrophe a provoqué plus de 62 morts, 800 blessés et 430 000 sinistrés ainsi que des dommages importants sur les habitations, infrastructures scolaires et sanitaires, aggravant la vulnérabilité des ménages affectés. Un mois après le passage du cyclone, la situation demeure préoccupante, en particulier dans les zones les plus enclavées. Si les premières actions d’urgence ont permis d’apporter un soutien essentiel, de nombreuses communautés continuent de faire face à des conditions de vie extrêmement précaires.

Des zones difficiles d’accès, longtemps isolées

Aux abords du canal des Pangalanes, certains villages ne sont accessibles qu’après plus de deux heures de trajet en barque à moteur. À la suite du cyclone, ces localités sont restées isolées pendant plusieurs jours, sans accès aux services essentiels ni à l’aide humanitaire.

Dans ces zones rurales, où les populations vivent principalement de l’agriculture, les impacts du cyclone sont considérables : plus de la moitié des habitations ont été détruites. De nombreuses familles se retrouvent aujourd’hui sans abri adéquat, contraintes de vivre dans des structures partiellement effondrées ou de fortune.

Un impact encore flagrant

Un mois après le passage du cyclone, les dégâts matériels restent très visibles. De nombreux biens personnels (vêtements, mobilier, équipements) sont encore enfouis dans les décombres.

Un agriculteur témoigne :
« Je suis né et j’ai grandi ici, mais je n’avais jamais vécu un cyclone d’une telle violence. Nous avons eu très peur. »

Dans les habitations partiellement intactes, des bâches ont été installées afin de renforcer les structures et offrir une protection contre les intempéries. 

Une reprise progressive malgré des conditions précaires

Malgré l’ampleur des dégâts, les communautés font preuve d’une forte capacité d’adaptation. Les activités reprennent progressivement : les habitants retournent travailler dans les rizières et entament la reconstruction de leurs habitations avec les matériaux disponibles, tels que des tôles récupérées et des troncs d’arbres, mais également grâce à l’aide d’outils reçus dans les kits de reconstruction.

Les signes de reprise sont visibles, mais restent fragiles. Les moyens de reconstruction sont limités et les conditions de vie demeurent difficiles, notamment pour les familles les plus vulnérables.

La Croix-Rouge malgache se mobilise

Dans ce contexte, les volontaires de la Croix-Rouge malgache poursuivent leurs actions au plus près des populations affectées, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès.

Leur intervention vise à évaluer les besoins, organiser des distributions de biens essentiels et mettre en place des aides financières. Les 1 500 kits d’abris et de reconstruction, 2 200 moustiquaires et les tentes envoyés depuis le PIROI center, permettent aux ménages de répondre à leurs besoins prioritaires et de soutenir les premières étapes de la reconstruction. La présence des équipes sur le terrain est essentielle pour garantir une réponse adaptée, inclusive et efficace, en lien avec les réalités locales.

La réponse d’urgence du PIROI Center-CRF et de la Croix-Rouge malgache bénéficie du soutien de la Région Réunion et du Département de La Réunion, à hauteur de 100 000€ chacun, dédié à du matériel humanitaire.