La Tempête tropicale CHALANE, 4ème système suivi de la saison cyclonique 2020/2021 dans la zone, a fortement menacé plusieurs pays du Sud-Ouest de l’océan indien, engendrant une mobilisation immédiate de la PIROI et de ses partenaires.

Après avoir atteint le stade de dépression tropicale le 23 décembre 2020, le système s’est renforcé pour devenir une tempête tropicale. Cette dernière a touché terre à Madagascar dans la nuit du 26 au 27 décembre, au Nord de Toamasina au stade de dépression tropicale, apportant de forts vents et des pluies. Chalane a continué à s’affaiblir en traversant Madagascar d’Est en Ouest. En quittant Madagascar, CHALANE s’est à nouveau intensifiée en forte tempête tropicale, avant de toucher terre dans le district de Muanza, au nord de Beira City, dans la province de Sofala au Mozambique, aux premières heures du 30 décembre, générant alors de forts vents et fortes pluies, selon l’Institut national de météorologie du Mozambique (INAM).

Depuis, la tempête a traversé le centre du Mozambique, s’affaiblissant en une dépression sur terre, jusqu’à arriver au Zimbabwe le 30 décembre. Suite aux premières prévisions de Météo-France, dès le 20 décembre, la PIROI a mobilisé ses partenaires et contacté ses partenaires.

Après le début du suivi par Météo-France, la PIROI s’est pleinement investi dans la coordination entre la Croix-Rouge de Madagascar, la FICR et les sociétés nationale partenaires (CR allemande et CR Luxembourgeoise) pour mettre en place des actions de préparation telles que le pré-positionnement de matériel, la mobilisation d’équipiers, ou encore l’alerte des populations.

Madagascar :

La mobilisation immédiate de la PIROI, de la FICR et de ses partenaires a permis la mise en place d’actions de préparation, parmi lesquelles :

  • La mise en place d’un dispositif préventif, grâce à l’activation du crisis modifier[1] du projet de renforcement des capacités locales de préparation et de réponse aux catastrophes, mis en œuvre avec le soutien de la DG ECHO ;
  • La sensibilisation des communautés en amont :  161 volontaires de la Croix-Rouge malgache ont été mobilisés pour des activités d’alerte précoce auprès de la population des 7 districts de 3 régions concernées ;
  • La préparation des volontaires aux évaluations d’urgence ;
  • La préparation logistique par le pré-positionnement de kits Eau, Hygiène et Assainissement, kits Abris et kits Cuisine pour 500 ménages dans les trois régions cibles (Antalaha, Tamatave et Maroantsetra) et d’Equipements de protection individuelle (EPI) pour les volontaires de ces régions, intervenant dans un contexte de pandémie de COVID-19

Selon les évaluations menées par la Croix-Rouge malgache (CRM), en lien avec les autorités, la tempête CHALANE n’a pas eu d’impacts significatifs sur le territoire (quelques familles ont été déplacées, quelques zones inondées, …).

[1] Le crisis modifier (modificateur de crise) est un mécanisme de financement qui autorise une certaine de souplesse et adaptabilité au contexte, permettant ainsi de réagir rapidement à une crise anticipée ou observée pour répondre aux besoins humanitaires les plus urgents et pendant une durée déterminée.

Mozambique :

En parallèle, la Croix-Rouge du Mozambique (CVM) s’est coordonnée avec les autorités et a activé son Protocole d’action précoce (PAE)[1] contre les cyclones, en coordination avec la FICR et la Croix-Rouge allemande. Le PAE est activé en se basant sur une analyse des risques prenant en compte plusieurs critères, dont la vulnérabilité aux vents et aux pluies.

Ce protocole a permis la mise en œuvre des activités suivantes :

  • Mobilisation d’équipiers spécialisés (dans la province de Zambèze) avant le passage du cyclone ;
  • Formation de 1500 ménages aux techniques de renforcement des maisons (toit et mur) ;
  • Sensibilisation aux mesures annoncées par les services météorologiques et les autorités responsables de l’eau à Sofala, Zambèze, Inhambane et Manica ;
  • Mobilisation de plus de 50 volontaires du district de Buzi (dans la province de Sofala) pour mener à bien les activités d’action précoce ;
  • Transfert et mobilisation des produits non alimentaires de l’entrepôt de Caia vers le district de Buzi ;
  • Mise à disposition des kits abris et de protection individuelle au bénéfice de 1.500 familles. Ces kits contiennent des bâches, des clous, 1 scie, 1 marteau, 1 pince, de la corde en en nylon, des seaux, etc.

[1] Le Protocole d’action précoce (PAE) contre les cyclones a été élaboré en partenariat avec la Croix-Rouge allemande (GRC) et avec les consultations techniques de l’Institut national de gestion des catastrophes (INGC), de l’Institut météorologique national (INAM) et de la Direction nationale de la gestion des ressources en eau (DNGRH). Les actions prévues dans ce PAE ont été définies sur la base de recherches approfondies et de consultations avec les parties prenantes au niveau national, provincial, du district et de la communauté dans les zones à haut risque de cyclones.

Selon les derniers rapports de la Croix-Rouge du Mozambique, Beira n’a pas subi de dommages importants.

Les régions de la province de Sofala touchées par CHALANE (Dondo, Beira City et Buzi) sont des régions qui ont été frappées par le cyclone IDAI en mars 2019. Certains dégâts mineurs ont été signalés, notamment dans les sites de réinstallation où les personnes déplacées par le cyclone Idai logeaient dans des abris temporaires.

Les habitants interrogés ont mentionné le rôle qu’a joué le cyclone IDAI dans la prise de conscience de l’importance de se préparer aux catastrophes en amont. Aussi, il semble que la ville de Beira était mieux préparée à l’arrivée du cyclone : beaucoup de bâtiments commerciaux et de maisons avaient renforcé leurs fenêtres, etc.

Le système CHALANE, qui aurait pu être dévastateur pour les territoires de l’océan Indien, rappelle l’importance de la préparation aux catastrophes et du renforcement de la résilience des populations, objectifs prioritaires du programme régional de la PIROI. Dans ce cadre, la PIROI suit de près les évolutions de la forte tempête tropicale DANILO, afin de mettre en œuvre des activités de préparation si cette dernière en vient à s’intensifier et menacer les terres habitées.
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